Lorsque je suis ressorti du Festival du
Jeu Vidéo en
2008, la claque que j’avais
reçue s’appelait Dead Space. Un jeu qui a clairement fait
monter la valeur de mon trouillomètre à la fin de l’année
dernière ! Cette année, le choc s’appelle Heavy Rain et
c’est sur PS3 que ça se passe.
Qui de mieux que son créateur pouvait présenter Heavy Rain ? David Cage a donc fait le petit déplacement depuis son studio Quantic Drams basé à Paris pour parler de son bébé lors d’une petite séance de gameplay commentée. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il est toujours aussi plaisant d’entendre ce passionné, sorti du monde du 7ème art, parler du jeu vidéo et de son évolution au cours du temps. Pour Cage, le jeu doit passer à un niveau plus fort que les sensations : les émotions. Après un premier essaie encourageant mais bancale avec Fahrenheit en 2005, qu’il considère comme un prototype, il récidive sur la génération actuelle avec Heavy Rain.
Cela fait quand même plaisir de voir une personnalité telle que David Cage, ici au milieu, se déplacer pour montrer ses créations aux joueurs et non seulement aux médias spécialisés.
Le scénario suit quatre personnes à la recherche d’un mystérieux tueur qui laisse des origamis sur les lieux de ses crimes. Une des particularités du jeu est que d’innombrables ramifications existent. Par conséquent, deux joueurs devraient en théorie ne pas vivre le même déroulement de l’histoire. Cage nous a aussi confirmé que si un protagoniste principal mourrait, il serait possible d’aller à la fin du jeu avec les conséquences que cela implique au niveau du scénario. Assez ambitieux sur le papier, voyons ce que cela donne en action.
La scène présentée se passe dans une
petite épicerie. On y contrôle un inspecteur qui souhaite
interroger le commerçant sur la mort de son fils. L'homme étant
fermé au dialogue, l’inspecteur reste tout de même dans la
boutique pour acheter des cachets au fond du magasin. On déplace le
joueur au stick gauche et les actions s’effectuent plus ou
moins rapidement à l’aide du stick analogique droit. Cela
permet de libérer la caméra qui est imposée pour offrir des plans
très cinématographiques. Lors du déplacement du policier, on
remarque un jeu assez détaillé où chaque article est modélisé dans
les rayons. Et que dire de la modélisation des visages qui
frise le photoréalisme. Une fois en pos
session de la fameuse boite de
cachets, une cinématique commence. On y voit un braqueur entrer et
mettre en joue le commerçant. A partir de là, une multitude de
choix sont possibles pendant qu’on se déplace dans les
rayons. On observe la scène via un découpage de l’écran déjà
introduit dans Fahrenheit. Il est possible de ne rien faire et
d’attendre la fin du braquage, mais cette issue ne nous a pas
été montrée. Cage nous a proposé trois
possibilités :
-Etant donné qu’on a
l’avantage de la surprise, la première prône la finesse. On
se déplace lentement en faisant attention à ne rien renverser dans
les rayons. Si u
ne pile de papier toilettes
s’effondre par exemple, il faudra rapidement pousser le stick
droit vers le haut pour le remettre en place. Le joueur saisit très
délicatement une bouteille de Whisky dans un rayon, mais il aurait
pu aussi bien choisir une poêle. Je dois franchement dire
qu’on pouvait réellement palper la tension de
l’auditoire pendant cette scène. Après être arrivé
silencieusement derrière le truand, un petit coup sur la tête et
tout se termine bien. Le commerçant décide finalement de parler
avec le flic et lui offre même une boîte appartenant à son fils qui
devrait faire avancer l’enquête.
-La seconde possibilité est de se faire
repérer, par exemple en marchant accidentellement sur des chips.
S’en suit un dialogue avec le braqueur où il faut fortement
presser L1 et R1 pour lever
les bras. Plusieurs choix plus ou moins
agressifs sont proposés. Quatre propositions lévitent autour du
personnage. Une par bouton (croix, carré, rond, triangle). Pour
nous faire sentir le niveau de stresse de l’inspecteur, ces
choix de dialogues sont plus ou moins brouillés, et donc lisibles,
et peuvent même se superposer. Cage choisit de la jouer fine en
raisonnant le jeune homme qui finalement au bout du dialogue décide
de partir de lui-même. « Tu n’as pas envie de tuer
quelqu’un petit ? Tu n’as personne qui
t’attend ? ».
-La dernière éventualité rend
l’inspecteur très agressif dans ses propos. « Les
flic
s vont arriver, tu ne vas pas
t’en sortir ! ». A la fin, le braquage continu et
une petite rixe débute. Sous forme d’une QTE où le symbole
apparaît vers là où se situe l’action. Par exemple un petit
coup de stick vers le haut apparaît au niveau de la main du
braqueur pour qu’on lui subtilise son arme. A la fin, notre
inspecteur se prend une balle le précipitant de vie à
trépas.
On ressort de cette présentation les yeux écarquillés en imaginant les autres possibilités qui existent. Ouah, c’était bien un jeu vidéo là ? On ressent les choses comme dans un film mais ici c’est le joueur qui interagit avec ses choix.
J’ai pu m’essayer à une autre scène sur les bornes Sony avec notamment une scène de strip-tease qui peu rapidement tourner mal. Bien sûr on est la strip-teaseuse.
J’ai vraiment été très séduit par
Heavy Rain. L’histoire s’annonce
haletante et les possibilités
très ambitieuses. J’ai juste peur qu’au final on ait à
faire à une énorme QTE, un film interactif et très répétitif comme
l’avait finalement été Fahrenheit. Mais Cage nous a affirmer
que la diversité serait de mise et que chaque scène proposerait
sont gameplay. On attend de vérifier une fois le jeu en main. Mais
même si le jeu s’avère moins intéressant au final, je pense
que ce genre de philosophie et de risques ne peut que faire avancer
le jeu vidéo et le faire grandir vers un niveau supérieur. CoCorico
!
Enfin, j’ai eu l’occasion de répondre à quelques questions sur mes impressions sur le jeu et son rapport avec le cinéma. En gros j’y dis que le jeu est prometteur et que si il ne remplace pas le cinéma, il peut attirer des cinéphiles vers ce grand média qu’est le jeu vidéo. Apparemment cela paraîtra dans un making of qui sera diffusé sur W9 et inclus dans les bonus du jeu.
Vivement Noël que j’ai enfin ma PS3 !

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