Généralement les adaptations de licences
s
ont
moyennes voir nullissimes. On se contente de reprendre quelques
éléments de son univers et d’y greffer un système de jeu
plus ou moins bateau. Un manque d’argent et de temps sont
souvent à l’origine de ces jeux qu’on oublie très
rapidement. Certaines licences s’en sortent mieux, comme les
adaptations des héros Marvel par Capcom par exemple. Mais
aujourd’hui c’est de son concurrent DC Comics dont il
est question et de l’un de ses héros phare : Batman. Les
premières images, vidéos et enfin la démo auguraient du meilleur
mais qu’en est-il vraiment ? La chauve-souris redonnera
t’elle le sourire au joueurs ? Allez je ne tiens plus,
la réponse est oui et Batman Arkham Asylum (BAA) s’impose
définitivement comme un des chefs d’œuvre de
2009.
Mais enfermez-le
Le Joker a encore fait des siennes à Gotham City. Encore une fois, il a vu ses plans contrés par Batman qui le ramène à l’Asile d’Arkham. Asile d’où il s’était échappé il y a peu. La nuit noire, les éclairs, la pluie battante, les visages sérieux, BAA pose directement une ambiance que l’on sent mature à la croisée entre les comics et les derniers longs métrages. Mais Batman sent que quelque chose ne va pas. Comment se fait-il que le Joker n’ait montré aucune résistance lors de sa capture ? A peine arrivé, les doutes du justicier noir se vérifient. Le célèbre blagueur s’échappe de l’emprise des gardes, grâce à sa protégée Harley Queen qui libère également ses sbires enfermés dans l’asile. Rapidement Bruce Wayne comprend que la nuit va être longue pour lui.
Au cours du jeu, on remarque que BAA possède une histoire avec une rare force. Le scénario est bien écrit avec ce qu’il faut de moments critiques, rebondissements et de passages plus profonds qui développent efficacement la psychologie des protagonistes. D’ailleurs quelques moments Silent Hilliens ne sont pas à proscrire…

Apparement ces deux là s'aiment beaucoup !
Les lieux ne sont pas en reste et contribuent à poser une ambiance. Ils sont lugubres, sales et habités d’un douloureux passé que le joueur curieux découvrira à force d’explorations sur l’île. Fouiner un peu partout permet d’ailleurs de trouver des documents audio sur les détenus et aussi d’intégrer certains vilains non présents au casting. Par exemple, après avoir scanné un chapeau haut de forme et son parapluie derrière une vitrine, on obtient la biographie du Pingouin. Des détails comme ça, le jeu en est bondé. On révise toutes les époques depuis la création de Batman dans les années 30 jusqu’aux années 2000. Cela enrichie considérablement l’univers comparativement à un autre jeu de super héros. Le background s’en trouve renforcé et les personnages que plus charismatiques. BAA a été réalisé par des fans du comics et cela se voit.
Bat-système de jeu
On pourrait résumer BAA comme un jeu d’action exploration mâtiné de phases d’infiltrations. La structure du jeu rappelle en partie celle des Metroid avec des zones de l’île d’Arkham bloquées auxquelles il est possible d’accéder après avoir acquis une capacité ou un objet. Il est d’ailleurs possible d’améliorer ces Bat-gadgets ou aptitudes grâce aux points d’expérience gagnés lors de certaines actions (combats, objets cachés).

"Ne touchez pas à ma Batmobile les gars !"
Evoluer dans l’asile donne l’occasion de pratiquer principalement deux types de gameplay. Le premier concerne les rixes. En plus de son attirail et des esquives à la Prince Of Persia, c’est bien évidemment avec ses pieds et de ses mains que Batman œuvre le plus. Tout, ou presque, se réalise avec la seule touche X. Les coups et les combos fusent et le tout est assez assisté. Cependant de petites subtilités donnent de la profondeur à ces affrontements. Tout d’abord le combo peut être cassé en manquent un coup ou en se faisant toucher par exemple. Cela diminue le nombre de points d’expérience gagnés. Pour éviter de casser son combo, un vrai sens du timing est demandé au joueur. Une subtilité de ce gameplay est aussi la touche de contre-attaque Y que l’on peut utiliser lorsqu’une surbrillance apparaît sur la tête d’un ennemi. Il faut donner ses coups avec choix et intelligence en jonglant majoritairement entre les touches « attaque » et « contre-attaque ». Ainsi, les combats donnent l’impression d’un vrai jeu de rythme facile d’accès mais difficile à maîtriser. D’ailleurs il est intéressant de savoir qu’à l’origine les développeurs pensaient aux combats comme à un jeu musical type Guitar Hero. Grâce à ce système, le joueur a de plus en plus de plaisir à perfectionner ses enchaînements jusqu’à dépasser les 50 combos pour les plus téméraires. Enfin la caméra se positionne toujours correctement et des petits zoom et ralentis se permettent quelques intrusions pour dynamiser l’ensemble et ajouter une vraie brutalité. On a vraiment mal pour les « méchants » lorsque Batman distribue ses patates.
Le deuxième aspect du gameplay est la partie infiltration. Elle s’applique aux ennemis équipés d’armes à feu. Bien que Batman soit très malin, son armure n’est pas très résistante face à quelques pruneaux. Il faut donc la jouer profil bas et observer le comportement des gardes pour les surprendre et les immobiliser. L’indispensable vue détective permet au chevalier de « voir » à travers les murs, de suivre les mouvements des ennemis et même d’indiquer leur rythme cardiaque et l’état dans lequel ils se trouvent. On se permet tous les délires pour combattre le crime quand on est milliardaire…Les moyens ne manquent pas pour arriver à ses fins. Ainsi une fois perché sur une des nombreuses gargouilles qui dominent ses sales, un coup de pied planant sera très efficace sur un garde isolé. Réalisables avec une vraie fluidité et facilité, les éliminations silencieuses, à travers une vitre, par-dessus une rambarde, les Batarangs (simple ou de diversion), le gel explosif à retardement et bien d’autres permettent d’élaborer une vraie petite stratégie. Après 10 minutes à malmener et piéger ces sbires, le sentiment de satisfaction ne s’en trouve que plus grand. Mais avant d’en arriver là quelques essaies ne seront pas superflus aux plus bourrins des joueurs. A mon sens, ce sont les phases les plus intéressantes de BAA.

Deux belles plantes auxquelles il ne vaut mieux pas trop se frotter...
Le reste du jeu concerne l’exploration pour avancer dans le scénario et découvrir des éléments bonus quelquefois bien camouflés. Ces phases se font avec les gadget de Batman avec en premiers lieux la vue détective et la grappin. Certains passages très limités demandent d’analyser une scène de crime pour trouver des indices et suivre une piste via des traces de tabac par exemple. Et oui, n’oublions pas que Batou est un détective avant tout ! Enfin si les fameux véhicules de Batman ne sont pas dirigeables dans le jeu, quelques petites astuces scénaristiques permettent tout de même de leur donner un petit rôle.
C’est beau une chauve souris
Terminons par l’aspect graphique du jeu. L’Unreal Ungine 3 est utilisé d’une manière rare et assez époustouflante. Des détails comme l'altération physique de Batman (cape déchirée, barbe naissante) renforcent l'immersion. BAA n’est pas forcément le plus beau jeu de cette génération mais il reste maîtrisé du début à la fin et aucun bug graphique ne vient gâcher la fête. Un exemple à suivre.
Le character design de Batman mélange celui des comics mais aussi celui des films de Christopher Nolan. On sent aussi l’influence des dernier longs métrages au niveau musical avec des sonorité très…palpitantes. Le Joker n’est pas en reste, tout comme le reste du cast. Plus classe que dans The Dark Knight, Le Joker est un ennemi de taille et nous accompagne durant toute l’aventure via des mégaphones, des télés ou des contacts plus physiques bien entendu.
Les lieux visités ne sont pas bâclés et font part d’une certaines variété. On parcourt donc un manoir à l’architecture lugubre, des extérieurs comprenant un cimetière, un domaine carcéral avec des cellules à en glacer le sang de plus d’un ou encore un jardin botanique qui dépayse légèrement.
Avec toutes ses attentions, BAA dégage un charme certain et une réalisation qui donnent parfois au joueur de l’impression de vivre cette nuit sur l’île d’Arkham et non plus seulement d’y jouer derrière son écran.

BAA propose une expérience de jeu totalement immersive.
Non seulement BAA est une très bonne adaptation de licence avec tout le respect de l’univers qui est demandé, mais il est aussi un excellent jeu. Sans forcément connaître le héros imaginé par Bob Kane et Bill Finger (il faut le faire quand même !), il est possible de succomber rapidement aux charmes de ce titre. Cette aventure a été réalisée par des passionnés soucieux des détails, du plaisir de jeu et de l’immersion. L'aspect ludique, bien qu’assisté, se montre assez profond pour qui s’en donne la peine et il procure indéniablement un plaisir de jeu qu’on a de plus en plus de mal à trouver dans les jeux vidéo actuels. Il me tarde de découvrir la suite de cette aventure en espérant aussi que ce soft serve de modèle aux autres jeux estampillés « super-héros ».
Batman : respect de l’univers, background très développé, système de jeu simple mais riche, réalisation, modes défis avec classements, doublages
Badman : rares bugs de collision, on en veut encore surtout quand on voit l’amorce à la fin, Joker jouable que sur PS3

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